Charles Carrère

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samedi 24 mars 2007

« TAMBOURS POUR LA PAIX »

PAIX DE TOUTES LES COULEURS

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dimanche 18 mars 2007

Journée Mondiale de la Poésie 21/03/2007 :

Lettre d’Amour :

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samedi 10 mars 2007

Jours et Nuits de la Littérature

Aux frères poètes sur les bords du Danube

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jeudi 8 mars 2007

Senghor (par Charles Carrère)

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dimanche 4 décembre 2005

Voyages...

En laissant la souris au-dessus de la vignette d'une peinture, vous pourrez obtenir quelques informations. Dans tous les cas, cliquez pour agrandir les photos.

Au large de Ploumanac'h Voyages, au large de Ploumanac'h, à Ceuilleric.
Le navire dessine la mer,
Rien que l'océan.
Quel pays porte ton nom,
Toi qui t'appelles amour?
Le navire dessine la mer
Pour des terres inconnues.
Liberté (56 x 49) Liberté, à Paul Eluard.
De musique, de peinture, de poésie...
L'art commence où transparaît la liberté,
Liberté qui rend l'homme possible.
J'y cherche couleurs de vie :
Je ne suis moi qu'à travers elle.
Métissage (37 x 50) Metissage, à Edouard Maunick.
Métis veut dire lumière,
Métique veut dire bonjour.
Dans la lumière de ma chair je vous salue.
Les champs vont crier d'aise
Comme une forêt d'ébène et de corail
Au cap des espérances.
Dubrovnik (46 x 60) Dubrovnik, à Rainer Maria Rilke.
Sous l'ordre gothique, un enfant
Un chien, un vieil homme,
Pleurent sur Dubrovnik.
Une lumière s'accroche
A l'ombre du poète, à l'aile d'une mouette.
Il pleut sur Dubrovnik
La brûlure des haines.
Mlle Line la signare (50 x 84) Joal, à Senghor.
Tu as peint nos nuits blanches
De lune blonde, de soleil ocre,
Bondé nos coeurs
De patience paysanne.
Et Joal à l'ombre verte des vérandas,
Toutes nos rancoeurs en élégis majeurs,
Les signares à l'ombre verte des vérandas.
Noces de sang Noces de sang, à Larca.
"Il était cinq heure à toutes les horloges."
L'arène s'est couverte de sang,
Du sang noir d'Ignacio,
Du sang du taureau d'Ayala.
Sous le regard bleu des bleuets piétinés,
Il était cinq heures dans tous les coeurs,
Sous le soleil de Manzanarès.
Bahia Bahia, à Jorge Amado.
Ta voix sourd de la pénombre,
Tes filles aux nattes de soleil,
De coquillages, de lichens vêtues,
Leurs corps cuivrés sculptent le bleu des mers,
Je vous identifie aux forces des marées.
Terre noire (64 x 84) Terre noire, à Tchicaya U Tanui.
Terre d'ombre et de lumière douces au soir,
De larmes, de plaintes.
Je peignais des signes sur le sable,
J'étais enfant sur un lit de merveilles.
Sérénité Sérénité, à Nicole Laurent-Catrise.
Ton regard cadence le rythme des vagues.
Lune et soleil ce soir vont s'unir
Pour transformer l'ombre des golaseis.
Porte bleue (40 x 33) Porte bleue, à Kazem.
Ma porte, un chant, une couleur.
Derrière, le printemps éclate,
La rosée élève un murmure.
Perle les frissons de l'aurore,
Sur le patio, le jasmin.
Brocéliande (39 x 46) Brocéliande, à Per Jakez Hélias.
Mes vagues, mes dunes,
Cheval d'orgueil.
Les nuages brillent clairs
Comme une fête.
Brocéliande médite,
Seule,
Libre,
Immense.
Chemin de halage (65 x 55) Chemin de halage, à Yvon Le Men.
Enfant devant la mer,
Enfant sur un rocher,
Bien avant que le rêve ne tisse
Chaque soir un port nouveau
Pour un étonnant voyageur
Sur son chemin de halage.
Buenos Aires (60 x 74) Buenos Aires, à Borges.
Ironie des livres dans la nuit,
Christ n'a écrit que sur le sable quelques mots,
Longtemps j'ai vécu d'apparences,
La beauté est faite pour surprendre,
A présent j'entends le vert silence des champs.
Signes (52 x 38) Signes, à Dèye Coumba.
Mes signes noirs sur la roche,
Paysage de mélopées,
La danse des vagues sur le basalte,
Dans la pierre demeure,
Un brin d'herbe prisonnier.
Reflets (39 x 55) Reflets, à Béatrice Libert.
La mer s'immobilise,
A l'heure des crépuscules,
Les étoiles appellent tes yeux,
Pour un baiser volé
A l'absolu.
La Meuse sous son ciel d'automne (65 x 55) Les bords de la Meuse, à Arthur Haulot.
La Meuse,
Elle part, elle revient
Sans laisser de trace,
En silence,
Comme si elle n'était personne,
La Meuse,
Sous son ciel d'automne.
Gorée (60 x 46 & 56 x 47) Gorée, à moi-même.
Vêtue d'un zeste du soir,
Gorée s'éloigne ensemencer
Le Nouveau Monde
Du sel de ma liberté.
Le tam-tam est ressac
Que cadence mon angoisse.
100 x 50 Sans accompagnement...
Refaire le voyage
Par un sourire,
Des fleurs,
Un verre à la main amie...

Atelier...

Quand je n'ai plus de mots pour m'amuser, j'invente des couleurs pour jouer, mouvances, éclatements, couleurs du sud, de sable de mer, regard d'enfant, j'assiste à ma naissance...

En laissant la souris au-dessus de la vignette d'une peinture, vous pourrez obtenir ses dimensions. Dans tous les cas, cliquez pour agrandir les photos.

180 x 120 150 x 113 170 x 110 150 x 113 100
150 x 113 125 x 110 150 x 110 180 x 140 180 x 120

De la matière au verbe... (par Michel Benard)

Pour le plus grand nombre d'entre nous, lorsque nous évoquons le nom de Charles Carrere, nous pensons tout de suite au poète, mais très rarement, nous pensons au peintre. Cependant, la peinture prend une place essentielle dans l'oeuvre de Charles Carrere : elle en est une sorte de pierre angulaire car elle se situe en miroir, voire en écho de l'acte poétique; elle conforte le verbe, le colore, l'incarne.

Ce serait une erreur de classer Charles Carrere parmi les peintres dits "primitifs" : son geste de peinture se situe plus précisément dans l'espace de l'art premier. L'art à la fois source et racine, à la fois mémoire et devenir... En regardant une oeuvre de Charles Carrere, je ressens ce besoin de l'associer à cette notion de l'homme porteur de l'univers, de l'homme pollen de la terre; il y a une résonance entre la matière et le verbe, un trait d'union entre le geste pictural et la magie de l'encre révélant le poème... Oui, nous voyageons ici dans l'art premier, et je n'échappe pas à la tentation d'oser même évoquer l'art chamanique. Vous pourrez constater que nous sommes loin du concept occidental. Les images qu'il faut extraire de l'expression picturale de Charles Carrere sont liées au règne minéral : sable, terre; au règne végétal : sève, racine, souche; au règne animal avec l'homme issu de la glèbe et qui tente très péniblement de se redresser vers le ciel.

Ne nous illusionnons pas : même au seuil de ce troisième millénaire où règne une illusoire technicité, nous n'en sommes encore qu'à l'âge de pierre, et cela, Charles Carrere en a pleinement conscience...